Elections américaines : réseaux sociaux vs Donald Trump

5/11/20

Actualités

Cela n’aura échappé à personne, ces derniers jours sont ceux des élections présidentielles américaines. Ce scrutin au sein de la plus grande puissance mondiale passionne forcément le monde entier, encore plus vu la tournure prise cette année. Donald Trump, l’homme d’affaires et président sortant, achève un mandat controversé. Joe Biden incarne donc pour beaucoup un renouveau nécessaire au pays. Célèbre pour ses frasques et sorties polémiques, Donald Trump n’a pas dérogé à la règle ces derniers jours en faisant voler en éclats les règlements contre la désinformation sur le Net.

Le système électoral américain n’est en aucun cas semblable au nôtre. En effet, les citoyens des Etats-Unis élisent leur président par un suffrage universel indirect. Le premier mardi de novembre, ils élisent en réalité des grands électeurs qui vont correspondre au nombre de sièges au Congrès et permettront d’élire donc le président et son colistier du parti concerné.

Les enjeux de l’élection américaine sont importants, et ce à travers le monde entier. De nombreux dirigeants étrangers se manifestent à ce sujet (on a notamment vu Bolsonaro, chef d’Etat brésilien, se poser en tant que soutien de Donald Trump et invitant les Américains à leur accorder leur vote).

Les élections américaines impliquent toujours un grand engagement populaire.

Lié à ces enjeux, les grands de l’Internet basés aux Etats-Unis (Twitter, YouTube, Facebook…) s’étaient fixés pour objectif de limiter le plus que possible les messages mettant en cause l’intégrité du scrutin. C’est notamment dans cet objectif là que le 4 novembre, c’est un message de Donald Trump qui a été masqué, accusant le Parti démocrate (rappel : Trump est membre du Parti républicain) de fausser l’élection, “essayer de VOLER l’élection”. Au sein de ce même message était annoncé sa volonté d’effectuer rapidement une déclaration publique à ce sujet.

Ce message a été publié sur Twitter (où si vous le suivez, vous pouvez voir assez régulièrement les déclarations, polémiques pour certaines, du président sortant) et sur Facebook. Le texte est désormais toujours accessible mais s’accompagne d’un message informant que “les résultats finaux peuvent différer des premières estimations, le dépouillement pouvant se poursuivre pendant plusieurs jours ou semaines”.

Mais la désinformation médiatique menée par Donald Trump ne s’est pas arrêtée là. Dans une intervention télévisée qui suit sa publication, l’homme d’affaires a revendiqué la victoire au sein de plusieurs Etats qui jouent un rôle central dans l’élection (Géorgie, Arizona, Wisconsin, Michigan, Caroline du Nord, Pennsylvanie) alors que les dépouillements n’étaient pas terminés et dont certains se sont révélés donner l’avantage à Joe Biden.

Donald Trump possède un grand nombre d’opposants au sein de son pays.

Allant plus loin encore, Trump annoncé aussi en direct à la télévision : “Notre objectif maintenant est d’assurer l’intégrité du scrutin. Nous voulons que la loi soit correctement appliquée, nous allons aller devant la Cour suprême (...) Nous allons gagner et, de ce que j’en pense, nous avons déjà gagné”.

La revendication de victoire est interdite sur les réseaux sociaux, mais cette déclaration a forcément connu des suites. Des dizaines de milliers de comptes ont relayé les propos de Donald Trump. Son compte même revendique une victoire en Pennsylvanie avan la fin des dépouillements dans cet Etat. Toutes ses déclarations ont été reprises et ont eu une large diffusion sur les réseaux.

En conséquence, Twitter a fortement durci ses règles de modération pour l’élection américaine alors en cours : les messages revendiquant la victoire d’un camp avant la fin du décompte, et ceux qui “sapent la confiance dans le processus électoral” sont désormais bloqués ou limités.

Facebook a joué une autre carte. Les revendications de victoire y sont toujours interdites d’un point de vue national, mais la plateforme ne va toutefois pas supprimer celles qui concernent un Etat en particulier.

Dans tous les cas, Facebook et Instagram ont affirmé avoir mis des notifications pour rappeler que les votes ne sont pas clos. Le décompte non plus. Ce petit message apparaît en lien à tous les posts des deux candidats.

L’élection américaine de 2020 s’annonçait houleuse, notamment en lien aux habituelles sorties médiatiques de Donald Trump, le président sortant. Cela n’a pas manqué, notamment sur les réseaux sociaux où il avait déjà l’habitude des déclarations controversées. Les réseaux sociaux s’attendaient à avoir beaucoup de travail durant cette période, cela aura été le cas. Attendons désormais de voir le rôle que joueront ces mêmes réseaux sociaux à la suite de l’élection.

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