La fake news : comment faire face à cette désinformation (in)volontaire

9/5/20

Actualités

Nous passons tous une part plus ou moins importante de notre temps à surfer sur le web, lire des sites d’informations et des articles trouvés en se perdant dans les méandres de Facebook et Twitter. Cependant, et nous le savons, l’Internet, et plus particulièrement les réseaux sociaux, regorgent de ce que nous appelons des fake news. Combien d’Internautes relaient des informations erronées? Surpris par l’énormité du fait, ils ne prennent pas le temps de vérifier l’information (voire même ils ne lisent que le titre) et la voilà partagée en un clic. C’est là tout le début d’une véritable chaîne de circulation de la désinformation. C’est désormais un véritable fléau pour l’information numérique. Parlons un peu de ces fake news, de leur nature, de comment les éviter...

Dans un premier temps, posons-nous la question de savoir pourquoi il y a autant de fake news qui circulent sur Internet.
L’être humain a une capacité d’attention limitée, c’est un fait scientifiquement prouvé. Et face à la masse d’informations qui déferle quotidiennement sur chacun d’entre nous, il est parfois difficile de faire la part des choses. Une recherche menée par Diego F. M. Oliveira, chercheur de l’université d’Indiana et de Northwestern, a mis en lumière que la limitation de notre attention a pour conséquence de nous rendre moins observateurs sur ce que nous partageons. C’est là une véritable étude scientifique, menée grâce à des modèles d’analyses en épidémiologie. La fake news a ici été traitée comme un véritable virus, et leur répartition telle une épidémie.
Karl Popper, philosophe du XXe siècle, le disait, “l’homme est un singe menteur”.Si vous tapez “fake news” sur Internet, vous vous rendrez compte des centaines, des milliers même, de ces fausses informations qui peuvent être données en quelques heures. Il faut dire en même temps que nous sommes dans une société où tout est toujours remis en question. Certains organes et certaines institutions sont censées être des gages de vérité, et les citoyens ne les croient plus. A l’issue de réflexions souvent injustifiées, ceux-ci vont trouver des faits parallèles qui s’avèrent selon eux bien plus plausibles et expliqueraient une vérité cachée.
Les réseaux sociaux sont également une source de fake news. L’information partagée n’y est pas vérifiée comme elle pourrait l’être dans le cadre de la presse. Les Internautes s’informant de plus en plus grâce aux réseaux, toute page peut être vue comme dispensant des informations à prendre en compte, alors qu’il n’y a pas forcément de crédibilité. Les formes des publications se ressemblent, et quelle que soit la provenance de ce que vous lisez, vous pourriez y croire (regardez ce nombre de Français qui peuvent repartager de façon sérieuse une news du Gorafi...).
Mais ces fake news peuvent venir de n’importe où. Le Gorafi est une page humoristique qui se revendique comme étant un site parodique. Il s’agit donc là d’une mauvaise information des gens sur le média qu’ils consultent alors. Il arrive que des grands lobbys, des pages officielles voire même d’États, s’approprient et partagent une fake news. De là, le rythme de propagation devient exponentiel et ce n’est plus un partage d’un citoyen à un autre, mais quelque chose de bien plus important. À part le démenti officiel de la part du publicateur, il est très difficile de faire quelque chose contre.

Aujourd’hui, pour avoir une bonne lecture du Net et des réseaux sociaux, il convient de savoir démasquer les fake news.
L’un des premiers moyens est de tenter de réfléchir par soi-même, déjà à la plausibilité de l’information. Les fake news sont souvent fortement exagérées, et vont dans le sens de ce qu’une partie de la population, conspirationniste la plupart du temps, aimerait entendre. Avec un peu de réflexion, il devient possible de discerner quelles sont ces informations erronées.
Mais ce n’est pas tout. Certains outils Internet sont mis en place, dédiés à la vérification d’informations. Parlons tout d’abord de Hoaxbuster, créé en 2000 (ce qui prouve l’ancienneté des fake news), qui permet d’invalider factuellement les hoax, ces canulars informatiques. Nous pouvons également citer la chaine Youtube WTFake, ou bien encore Fake Investigation, dédiée aux images (Facebook et Twitter).
Des sites de médias nationaux d’informations ont même mis en place des plateformes afin de faire face aux fake news. Le Monde a mis en place dès 2014 les Décodeurs, une dizaine de journalistes qui décryptaient l’actualité. Depuis 2017 existe même le Décodex, véritable moteur de recherche permettant de connaître la fiabilité d’une source d’informations. France Info propose son “Vrai ou fake”, plateforme de vérification de l’information de l’ensemble de l’audiovisuel public. Plusieurs contenus y sont présents (Arte, TV5 Monde, Radio France, France Télévisions...). Les rubriques y sont nombreuses. Les leurs, certes (“Le vrai du faux”, “Vrai ou fake”), mais aussi celles de France 2 par exemple (“L’Oeil du 20 heures” et “Faux et usage de faux”) ou bien encore de France 24 (“Les Observateurs” et “Contre-faits”) et Arte (“Désintox”). Toutes ces plateformes peuvent vous démontrer qu’une information est fausse, ou même vous sensibiliser à la détection de ces désormais tristement fameuses fake news.

Les fake news sont de plus en plus fréquentes sur Internet, et principalement sur les réseaux sociaux. Ne pas les partager est un acte responsable. En certaines périodes, comme celle de pandémie que nous vivons actuellement, il s’agit même d’un acte presque qualifiable de citoyen, afin de ne pas faire de désinformation. Apprenez donc à distinguer le vrai du faux, et participez à cette réflexion responsable de non-partage des fake news.

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