Retour sur l’affaire Mila

12/12/20

Actualités

Nous parlons bien souvent des réseaux sociaux, le sujet intéressant et concernant aujourd’hui le plus grand nombre des Internautes (il y a même fort à parier que vous tombiez sur nos articles via les liens qui sont mis sur les réseaux). Nous l’avons dit plus d’une fois, il faut faire attention aux contenus que l’on poste sur Internet. L’affaire Mila, qui a encore évolué ces derniers jours, nous le rappelle encore une fois. La vie de cette jeune fille se trouve d’ores et déjà bouleversée à la suite d’un live Instagram.

L’affaire débute au mois de janvier 2020. Mila est une jeune adolescente de 16 ans avec des rêves de célébrité. Son compte Instagram est notamment très actif. Le 18 janvier, elle discute de sujets divers avec ses abonnés. Parmi ces sujets vient celui des préférences amoureuses. Mila se sait attirée par les filles, et une abonnée lui affirme ne pas être intéressée par les filles “rebeus”, pour reprendre le terme employé. Mila annonce qu’elle partage cet avis. Un autre abonné lui fait par la suite des avances, elle le rejette, et se retrouve alors accusée de racisme en plus d’avoir droit à de nombreuses insultes lesbophobes.

C’est là que le sujet détourne sur la religion. La jeune fille affirme qu’elle n’est pas raciste car elle est convaincue de “rejeter toutes les religions” et ne rejette donc pas une religion. Par la suite, une vidéo est diffusée, une story temporaire mais qui fera date. Elle y critique fermement l’islam : “Je déteste la religion. [...] Le Coran, il n’y a que de la haine là-dedans, l’islam c’est de la merde [...] J’ai dit ce que j’en pensais, vous n’allez pas me le faire regretter. Il y a encore des gens qui vont s’exciter, j’en ai clairement rien à foutre, je dis ce que je veux, ce que je pense. Votre religion, c’est de la merde, votre Dieu, je lui mets un doigt dans le trou du cul. Merci, au revoir.”.

Cette vidéo est partagée à vive allure sur le Net. Des appels à la violence, au meurtre même, sont lancés. Ses informations personnelles fuitent (allant même jusqu’à son adresse, son nom de famille, le lycée où elle est scolarisée).

L’affaire prend une ampleur incroyable. Que ce soit par les internautes qui se partagent deux hashtags : “#JeSuisMila” et “#JesuispasMila”. La presse se saisit notamment de l’affaire, et des sources de tout bord politique relaient le témoignage : le 21 janvier c’est le site d’extrême-droite Bellica, le 22 c’est au tour de Libération, célèbre journal de gauche. Elle affirme le 3 février dans l’émission Quotidien ne rien regretter alors qu’elle est enfermée chez ses parents, isolée. Elle dit n’avoir voulu viser personne en particulier, avoir parlé de la religion en elle-même et non pas des êtres humains, mais invoque tout de même “le droit de blasphème”.

Au mois de juin, Mila est toujours déscolarisée. Aucun lycée public n’a voulu l’accepter. Ils craignent pour leur sécurité. Cela lance une nouvelle polémique autour des établissements scolaires. Mila finit par retrouver un établissement, un lycée militaire.

Fin 2020, l’affaire ressurgit sur TikTok.

Mais ce n’est pas tout. Le 14 novembre 2020, Mila republie sur TikTok au sujet de l’Islam, toujours aussi critique. Elle vise ces détracteurs et ceux qui ont proféré envers elle des menaces de mort. “Et dernière chose, surveillez votre pote Allah, s’il vous plaît. Parce que mes doigts dans son trou du cul je les ai toujours pas sortis”. Les appels à la violence et au meurtre recommencent. Elle cite même par mégarde le nom de son lycée. Une annonce est faite comme quoi elle en est exclue, mais après rectificatif du Ministère des Armées, elle poursuit ses études dans un lieu sûr, éloigné. Le père de Mila publie une lettre au sujet de la lâcheté des militaires et de leur refus de protéger sa fille.

Nous sommes-là sur une affaire qui témoigne de toute l’attention qui doit être portée sur les réseaux sociaux. Il n’y a qu’à lire notre premier et notre dernier paragraphe. Tout part d’une discussion sur les orientations amoureuses au sein d’un live Instagram et finit par la certitude d’un Homme que l’armée n’est pas capable de protéger sa fille. La question religieuse est aujourd’hui dangereuse à aborder, les réseaux sociaux sont des lieux où il faut faire grandement attention... Cette affaire est la tristement parfaite illustration de l’ampleur que peut prendre une simple vidéo sur un réseau...

Précédent
Suivant
Découvrez un article au hazard 🎲