Gens d’Internet : Katherine Turcotte

26/6/20

Actualités

Nous allons, au cours de quelques articles, nous pencher sur des “personnalités” d’Internet, des gens qui font vivre l’Internet et/ou les réseaux sociaux. Plus ou moins célèbres, là ne sera pas la question. S’ils font l’objet d’un article, c’est qu’ils possèdent un intérêt certain qui peut vous plaire, à vous, lecteurs.
Aujourd’hui, nous allons nous intéresser à la vie sur les réseaux sociaux de Katherine Tucotte. Katherine est une jeune femme qui a connu un début d’existence compliqué, et qui s’est réfugiée dans le milieu des animaux afin de se sauver la vie, littéralement. Québecoise, elle s’est notamment fait connaître d’un grand nombre outre-Atlantique grâce à une émission de télévision qui l’a révélée. Depuis, elle tient une page “animalière” sur Facebook et les réseaux sociaux. C’est son point de vue sur le milieu d’Internet et des réseaux, ainsi que le rapport à ses followers qui va nous intéresser principalement au cours de cet entretien. Mais ce n’est pas tout. En effet, sa page lui a permis un incroyable travail sur elle-même.
Profitons-en pour la remercier, car cela a été un véritable plaisir de travailler en compagnie de Katherine. Immédiatement intéressée et touchée par le projet, les échanges se sont avérés très agréables afin d’arriver à cet entretien. Découvrez cette personnalité touchante et son histoire bouleversante au sein de cet article. Attention, vous ne pourrez que vous y attacher...

Q : Ta notoriété nétant pas en France ce quelle est au Québec, peux-tu te présenter?
R : Je m’appelle Katherine Turcotte, j’ai 24 ans et je viens du Québec, au Canada. Je suis entre autre connue grâce à mon chien Buddy, un Boxer croisé Husky de 5 ans et demi qui m’a sauvé la vie d’une mort certaine.
S’il n’avait pas été là, je serai probablement décédée d’une overdose, ou j’aurai probablement moi-même mis fin à mes jours. Je suis une jeune femme qui avait de gros problèmes de consommation , d’anxiété sociale et généralisée, ainsi que de dépression chronique.
Je suis maintenant propriétaire de sa page Facebook qui regroupe une merveilleuse communauté, et cela fait maintenant 4 ans que je ne consomme plus de drogues et que je fais d’énormes progrès sur mon anxiété.

Q : Est-ce que tu peux nous raconter comment tu as grandi et évolué en lien au numérique?
R : J’ai créé la page Facebook “Buddy” en avril 2018. À ce moment-là, ma seule idée était de regrouper tous les souvenirs que je créerais au fil du temps avec lui pour ne jamais rien oublier. Je n’avais pas du tout prévu que les gens puissent s’attacher à nous et auraient autant envie de suivre nos aventures. Au fil du temps, cette page est devenue une communauté, une place où je partage et enseigne ma passion avec mon meilleur ami.
J’ai énormément grandi grâce à cette aventure. Aujourd’hui, j’éduque des chiens, je donne des cours en ligne à ceux qui m’approchent, je fais des vidéos sous forme de tutoriels, etc. Avec mon anxiété sociale, je n’y serai jamais arrivée sans la visibilité que ma page m’a donné. J’ai énormément appris, et j’apprendrai encore probablement tous les jours.

Q : Parle nous un peu de ton passage dans lémission, ta sélection, comment cela sest déroulé...
R : Le 29 juin 2019, j’ai envoyé ma candidature afin de participer à une émission de télévision recherchant l’animal préféré du Québec. Je ne croyais pas vraiment que je serai prise, mais je me disais qu’au moins, j’aurai essayé. Le 30 juillet 2019, un membre de l’équipe m’a appelé pour me dire qu’ils souhaitaient me voir en audition.
C’est donc le 24 août que nous nous sommes déplacés à Québec (la ville) afin d’aller parler de notre histoire et montrer ce que Buddy savait faire. Après cette audition, je pensais qu’il n’y aurait pas de suite. Il y avait eu tellement de participants que j’étais persuadée que l’on ne ressortirait pas du lot. Pourtant, le 9 octobre, nous recevions la grande nouvelle comme quoi nous étions candidats officiels pour l’émission.
Honnêtement, c’est la plus belle et la plus enrichissante des expériences que j’ai pu vivre grâce à mon chien. L’émission fut tournée le 14 décembre et diffusée le 19 février, quelques jours après mon anniversaire. Nous avons même eu le privilège d’aller en demie-finale.

Q : Comment sest déroulé laprès? As-tu ressenti des changements dans ta vie quotidienne?
R : Après l’émission, mon quotidien a énormément changé. On me reconnaissait dans la rue, que je sois avec mon chien ou non, et l’on nous arrêtait pour discuter. À mon travail, des dizaines de gens me félicitaient tous les jours. Notre communauté sur la page s’est agrandie. J’ai reçu des dizaines, non des centaines même de témoignages de gens qui vivaient ou avaient vécu la même chose que moi. J’ai pu en aider beaucoup. On a parlé, pleuré, et j’en ai accompagné plusieurs vers un espoir de guérison...
J’ai reçu tellement de soutien et d’amour... Je n’aurai jamais pu en souhaiter autant.

Q : Et au niveau du numérique et dInternet, quels sont les changements que tu as pu constater par rapport à avant”?
R : Sur ma page, il y a beaucoup plus de gens. Maintenant qu’ils connaissent notre histoire, ils se sentent plus familiers avec nous. Je crois que ça a resserré les liens que j’ai avec mes abonnés. Ils ont appris à me connaître moi, la vraie Katherine. Ils ont découvert mon histoire que je n’avais jamais vraiment partagée avant cette émission et je crois que ça m’a donné une part d’authenticité pour eux.

Q : Ton activité sur Internet est-elle plus importante désormais?
R : Effectivement, grâce à tout cela, nous avons reçu énormément de visibilité. Les gens m’écrivent pour des cours d’éducation, pour des astuces. Il y a beaucoup plus de commentaires, de partages et d’interactions, mais avant tout il y a beaucoup d’amour.
J’adore ma communauté, parce qu’ils sont toujours là pour me soutenir et qu’ils se soutiennent entre eux. Si quelqu’un dans les commentaires d’une publication vit un problème, certains vont essayer de l’aider ou d’autres vont apporter du support.

Q : Quel regarde portes-tu sur les réseaux sociaux, qui sont ta principale base de communication? Est-ce majoritairement positif, négatif?
R : Pour moi, les réseaux sociaux sont le moyen que j’utilise pour partager ma passion, mon meilleur ami et toutes nos aventures! Avec le temps, je me suis fait connaître sur certains groupes. Pour moi, c’était moins difficile en lien à mon anxiété que si j’avais dû le faire physiquement. C’est la beauté des réseaux sociaux, je crois (haha)!
Bien-sûr, cette visibilité à amener son lot de bons et malheureusement de mauvais commentaires. À ma surprise, je me suis trouvée plus forte que je n’aurai cru l’être face aux mauvais commentaires des gens. J’adore apprendre, et j’essaie vraiment de trouver du constructif ou quelque chose que je peux apprendre venant d’un discours négatif.
Au fil du temps, je me suis rendu compte que les gens attaquent parce qu’ils ne savent pas pourquoi je fais telle ou telle chose. J’ai appris avec les cours d’éducation que 75% des mauvais commentaires se sont finalement terminés positivement. Pour les 25% restants, j’essaie d’ignorer et de ne pas me laisser atteindre par ça, parce que de toutes façons il y a tellement plus de beaux commentaires et tellement plus d’amour que de haine.
Il est important de ne jamais abandonner ce qui nous tient en vie pour le jugement de quelques-uns.

Q : Comment pourrais-tu nous conseiller pour une bonne gestion de son image sur Internet et les réseaux?
R : Premièrement, ne jamais se laisser emporter par la haine ou la colère. Malgré les mauvais commentaires, toujours essayer de répondre quelque chose de constructif ou si ce n’est pas possible, ignorer tout simplement. Les gens seront moins ouverts à suivre des influenceurs ou personnalités des réseaux soiaux qui se laissent facilement envahir par la haine.
Ensuite, je conseillerai de rester authentique. Ne pas se complaire dans l’image de perfection et de performance des réseaux sociaux, ne pas embellir la réalité pour des likes. Rester fidèle à soi-même et toujours garder en tête le même objectif que celui du départ, celui avant les followers.
Créez des liens avec les gens qui aiment ce que vous faites! Apprenez d’eux et apprenez-leur!

Q : Même si ce nest pas véritablement une question, merci pour lentretien, en espérant que celui-ci te permette davoir une petite visibilité supplémentaire...
R : Merci énormément de m’avoir choisie pour cet entretien, j’en ai été plus qu’honorée.
Si les gens pouvaient ne retenir qu’une chose, je voudrais que ce soit de ne jamais abandonner. Peu importe à quel point c’est difficile, on peut partir de rien et se bâtir un rêve qui nous fera vivre intérieurement. Chaque personne qui lira ceci a la capacité de faire de grandes et de merveilleuses choses. Je crois en vous autant que j’ai cru en moi.

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