SpaceX / Falcon 9 : le futur vu par Elon Musk prend forme...

3/6/20

Actualités

Depuis 2011, les États-Unis n’avaient envoyé aucun Homme dans l’Espace. Nous avions parlé au sein d’un précédent article de l’ambition d’Elon Musk et de son entreprise privée SpaceX de mettre un nombre important de mini-satellites en orbite afin de proposer un nouvel Internet, mieux fourni et mieux desservi à destination de tous sur Terre. Mais ce n’est pas le seul objectif de la société, c’est par un lancement spatial habité que nous en avons entendu parler le week end dernier.
Même s’il ne s’agit pas là d’un lien direct avec cet objectif d’Internet nouveau, il convient d’en parler ici afin de démontrer les ambitions incroyables de cette entreprise liée à l’Internet, tout comme ce qu’a pu prouver Elon Musk à ses détracteurs.

La conquête spatiale fascine l’Homme depuis très longtemps. Dès l’Antiquité, les Hommes s’intéressaient à ce qui pouvait se trouver dans le ciel. Les idées ont évolué, les théories et les connaissances également. Tout s’est accéléré au XXe siècle, et l’homme parvient alors à s’y rendre. Le 12 avril 1961, Youri Gagarine est le premier homme à aller dans l’espace. En 1965, Alexeï Leonov est le premier à y réaliser une sortie (d’une dizaine de minutes). La date la plus célèbre est sans nulle doute celle du 21 juillet 1969, où Neil Armstrong devient le premier homme à marcher sur la Lune.

SpaceX n’est pas nouveau dans ce milieu. Son premier vol, Falcon 1, date de 2008. Cependant, dans l’imaginaire collectif, cette entreprise semble nouvelle. Elle a été associée à Elon Musk, beaucoup associent Elon Musk à Tesla et non à SpaceX : voyez le raccourci qui peut être effectué...

Le week end dernier, c’est à une première que nous avons assisté. Jusqu’à maintenant, toutes les missions qui ont amené des hommes et des femmes en direction de l’ISS (la Station spatiale internationale) appartenaient à des sociétés nationalisées. Là, avec SpaceX, il s’agit de la première société privée qui est missionnée par la NASA elle-même afin d’envoyer deux astronautes qui lui appartiennent vers la Station. Doug Hurley et Bob Behnken ont dû patienter. Le mauvais temps sur le célèbre centre spatial Kennedy s’est joué du premier décollage et l’a fait annulé. Il a eu lieu un peu plus tard, samedi 30 mai à 15h22 (19h22 GMT). Une dizaine de minutes plus tard, la capsule Crew Dragon a été placé en orbite pour son premier vol habité. La fusée Falcon 9, une fois séparée, est venue se poser à la verticale sur une berge qui lui était destinée, la société récupérant ses lanceurs. Le second étage a ensuite lancé la capsule vers la Station spatiale internationale. Les deux hommes sont arrivés à destination le dimanche 31 mai, le lendemain donc, à 14h29 GMT.

SpaceX a tenté de se démarquer sur plusieurs points. Parlons tout d’abord du design des scaphandres, quelque chose d’élégant et d’épuré, de bien plus agréable visuellement (Elon Musk a sans doute songé au fait que le monde entier verrait et retiendrait ces images, l’instant était historique). L’image du premier étage qui vient se poser sur la berge au large de la Floride a également marqué les esprits. Dans ces temps où l’écologie est importante, récupérer un lanceur plutôt que de le laisser se détruire permet de marquer de nombreux bons points dans l’opinion publique. La retransmission a été (presque) constante, malgré une coupure qui a permis à certains complotistes de pouvoir ressortir leurs théories. Pour l’image et la marque, il n’y a rien à dire, l’opération est un véritable succès.

Nous en avions parlé en parlant du projet Starlink, l’espace tend à s’ouvrir aux activités commerciales. Dans ces activités figure l’Internet avec le dit projet. Il a été beaucoup décrié et c’était là l’occasion de se montrer positivement pour SpaceX. Les critiques écologiques au sujet de Starlink notamment? SpaceX a montré qu’ils étaient les seuls à récupérer les lanceurs... D’un point de vue global, on peut même dire que Musk est désormais en première ligne, loin devant les autres, sur le sujet de la conquête spatiale privée.

Lié à la NASA, SpaceX leur a également permis de rattraper un retard colossal sur les Russes. Quand nous entendons parler de conquête spatiale ces dernières années, il s’agit bien souvent de faits liés à la Russie. Les États-Unis ont eu du mal à tenir le rythme, notamment préoccupés par bien d’autres sujets. Là, une entreprise privée leur permet de rattraper ce retard (depuis 2011, Soyouz était le seul moyen de rallier la station spatiale). Pour ses projets, le président de SpaceX aura bien besoin de tout le soutien de son pays, et quoi de mieux que de leur permettre de rattraper le retard sur l’un de ses “rivaux” qu’est la Russie?

Nous mettrons donc une fois de plus en avant l’ingéniosité et la détermination d’Elon Musk, homme sur qui il va falloir compter dans les années à venir et qui n’a de cesse de montrer patte blanche (les fonctionnements électriques des Tesla, la récupération de ce lanceur, l’apport à la technologie et à l’image américaine...). Cependant, il va lui en falloir bien plus afin de convaincre tout le monde. En effet, nous avons encore pu lire ces derniers jours des articles sur son important capital financier, alors qu’il aurait peut être été préférable de vanter les mérites d’un Homme qui vient de réaliser quelque chose d’exceptionnel...

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