Le rachat de Mapillary par Facebook : une avancée de plus vers un jumeau du réel par l’un des géants d’Internet

22/6/20

Actualités

Beaucoup d’entre vous le savent, Facebook fut créé en 2004 au sein de l’Université d’Harvard par Mark Zuckerberg, en compagnie de Chris Hughes, Eduardo Saverin, Andrew McCollum et Dustin Moskovitz. Au départ, l’ambition n’était pas si importante que ce que nous connaissons aujourd’hui. En effet, cette plateforme était dans un premier temps exclusive aux étudiants d’Harvard avant d’ensuite s’étendre à d’autres universités américaines et devenir globale en septembre 2006.
Après de multiples rachats et de nombreuses controverses notamment sur le respect de la vie privée, Facebook franchit aujourd’hui un pas supplémentaire en rachetant Mapillary. Cette opération est presque passée inaperçue, alors que son retentissement peut s’avérer important dans les années futures.

C’est le 18 juin 2020 que l’opération de rachat de Mapillary par Facebook a été annoncée. C’est le cofondateur et CEO de la start-up suédoise, Jan Erik Solem, qui l’a confirmé. Nous ne connaissons toujours pas les détails financiers de l’accord passé entre les deux plateformes, mais il ne s’agit sans doute pas d’une petite somme. Depuis 2013, Mapillary a des recettes qui s’élèvent à 24.5 millions de dollars, et plusieurs investisseurs se sont déjà montrés intéressés (Sequoia Capital, Atomico, BMW iVentures, CNBC).

Mais qu’est-ce que Mapillary? Fondé à Malmo en 2013, il s’agit d’un service logiciel participatif en ligne basé sur le partage de photos géolocalisées, développé par Mapillary AB. L’objectif est ambitieux : représenter le monde entier (et non pas seulement les rues comme le fait notamment Google Street View, le service offert par Google Maps), dans un but similaire à celui d’OpenStreetCam. Ce sont des dizaines de milliers de contributeurs qui postent des photos qui sont ensuite passées sous algorithmes de vision par ordinateur afin de déterminer ce qui est présent dessus (marquage au sol, panneau de signalisation, route...). Chaque utilisateur possède des carte qu’il peut donc enrichir ou mettre à jour grâce aux ajouts de chacun.

Au sein du logiciel, les images sont réutilisables sous licence CC-BY-SA. Les photographies incluses dans OpenStreetMap sont autorisées à la réutilisation. Les traces GPX, quant à elles, ne font pas l’objet de restriction sous une base de données sous licence ODbL.

Anticipons votre question : pourquoi Facebook a-t-il fait cela? En quoi un réseau social possède-t-il un intérêt à racheter, sans doute à un prix très élevé, une société de cartographie? Il y en a à vrai dire deux principaux. Le premier, plus immédiat, est de permettre de mettre à jour sa carte pour le Marketplace, la plateforme de vente qui se trouve sur Facebook et qui fonctionne par zone géolocalisée.

C’est le second objectif qui va le plus nous intéresser et sans doute faire parler de lui dans les mois et les années à venir. Facebook travaille actuellement sur Live Maps, une véritable copie numérique du monde réel, qui fonctionnerait sous réalité virtuelle et augmentée. À terme, le réseau social aimerait que ses utilisateurs “enregistrent” l’environnement où ils se trouvent grâce à leurs appareils électroniques afin d’envoyer tout cela en direction d’un cloud. Et c’est là qu’interviendraient les équipes de Mapillary.

Le rachat de Mapillary par Facebook a bien moins fait parler que celui d’Instagram en 2012 ou encore WhatsApp en 2014. Il n’en est pas inintéressant pour autant, bien au contraire. En effet, le projet Live Maps est extrêmement ambitieux et pourrait peut être bien bouleverser notre rapport au monde. Vous pourriez découvrir l’intégralité de celui-ci par le biais d’une réalité virtuelle ou augmentée. Certes, ce projet intrigue également et il ne faudrait pas que l’Être humain ne se contente que du virtuel. Mais s’il est bien mené et à des buts positifs, ludiques, pédagogiques... Cela peut être l’un des plus grands projets numériques actuels! Mapillary en serait alors partie intégrante...

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