Réseaux sociaux et addiction

17/7/20

Actualités

Les réseaux sociaux sont de plus en plus présents dans nos vies. Nous y passons beaucoup de temps (une moyenne de 3 heures par jour pour les 15-19 ans et 2 heures pour les 20-29 ans), et quand l’on commence à se lasser d’un, nous en découvrons un autre. Ceux-ci ont des avantages, bien entendu, permettant notamment de conserver un contact éloigné avec certaines connaissances, ou bien comme étant un important relai d’informations diverses. Nous ne sommes pas là pour tirer sur cet outil numérique.
Cependant, et nous n’allons pas vous l’apprendre ici, les réseaux sociaux ne sont pas que bénéfiques. Pour certains utilisateurs, ils représentent une source d’addiction réelle. Et comme toute addiction, celle-ci est dangereuse et doit être “traitée. Conserver une addiction n’est jamais bon et peut provoquer de graves dégâts sur votre psychisme. Observons et tentons d’analyser cette addiction nouvelle.

Nous allons nous tourner vers le site “addictaide” afin de définir ce qu’est l’addiction. Elle se caractérise par “l’impossibilité répétée de contrôler un comportement visant à produire du plaisir ou à écarter une sensation de malaise interne” et “la poursuite de ce comportement en dépit de la connaissance de ses conséquences négatives”. Le site nous précise aussi dans quels cas il est possible de parler d’addiction : “lorsque le besoin l’emporte sur le désir”, “lorsque la sensation remplace l’émotion et la relation”, “lorsqu’un produit ou un comportement envahit le champ des plaisirs possibles et devient prioritaire et impérieux pour obtenir du plaisir ou apaiser une tension”, et “lorsque la passion l’emporte sur la raison”.

Il s’agit ici de définitions qui ne concernent pas qu’une addiction au numérique, mais c’est un réel choix que de ne pas distinguer les deux. Bien souvent, quand on entend parler d’addictions, on pense en premier à la drogue, la cigarette, l’alcool... Mais ce n’est pas tout. Certes, l’addiction aux réseaux sociaux n’existait pas et ne pouvait pas exister il y a quelques dizaines d’années. Mais il s’agit d’un phénomène qui a pris une telle ampleur que certains ont peu à peu développé un intérêt démesuré. De là à en devenir accroc. C’est bien pour cela que nous gardons ici une définition très générale de l’addiction, et que nous n’allons pas la différencier des plus communes.

L’addiction aux réseaux sociaux est un véritable phénomène de société. Pour beaucoup, elle ne peut toucher que les plus jeunes. C’est le public principal, certes, mais ce n’est pas tout. Aujourd’hui, tout appareil connecté va donner accès à un réseau social, ce qui a fait que de plus en plus d’individus se sont penchés dessus. Et ce quel que soit leur âge, leur catégorie socio-professionnelle, leur origine, etc... Cette nouvelle technologie du réseau social est réellement accessible à tous!

Regardons quelques chiffres en lien aux principaux réseaux qui vont nous éclairer sur cette addiction. Dans le monde, on juge qu’un peu plus de 2 milliards d’Internautes sont actifs sur les réseaux sociaux. La présence sur ces sites représente 28% du temps total passé sur Internet! C’est Facebook qui prend la tête des réseaux avec plus d’1.3 milliard d’utilisateurs actifs tous les mois (dont 1.12 sur mobile!). 18% des utilisateurs déclarent ne pas réussir à rester plusieurs heures sans consulter leur fil d’actualité, 60% y vont dès qu’ils ont un moment de libre au travail. Un chiffre qui va vous faire tourner la tête : en une seule journée, tous les utilisateurs passent 39 757 heures sur Facebook!

Facebook est l’un des réseaux sociaux au plus grand caractère addictif.

Twitter a 284 millions d’utilisateurs actifs tous les mois. Les informations y défilent en permanence, l’addiction est donc rapide. 16% des utilisateurs s’en servent pour consulter les nouvelles le matin, et 28% vont voir leur fil d’actualité avant même de sortir du lit. Le chiffre qui va vous faire tourner la tête au sujet de Twitter est celui de 500 millions, qui correspond au nombre de tweets envoyés chaque jour par les utilisateurs!

Instagram a 800 000 utilisateurs actifs tous les jours! Le succès y est fulgurant et les ventes explosent! 5 millions d’image sont publiées tous les jours sur la plateforme sociale.

Tous ces utilisateurs n’ont bien heureusement pas développé une addiction aux réseaux sociaux. Vous doutez être atteint de cette-ci? Comment vous en rendre compte? Plusieurs points sont révélateurs. Quand vous êtes accroc aux réseaux, vous angoissez si vous ne pouvez pas regarder votre téléphone portable (le sortir, s’en passer même). Par conséquent, être déconnecté d’Internet et des réseaux est insoutenable pour vous. En même temps, si vous êtes addict, vous vérifiez vos notifications toutes les cinq minutes. De façon liée, vous n’avez de cesse de faire remonter votre fil d’actualité afin d’y trouver quelque chose de nouveau. Dernier signe, et beaucoup d’entre nous l’ont sûrement déjà vécu, vous sentez votre téléphone vibrer dans votre poche alors que... non, et vous vous rendez alors compte d’un certain sentiment de déception.

Avec les réseaux sociaux, nous avons développé une relation de contact social permanent à l’autre, mais un contact numérique. Preuve en est, nous pouvons y parler d’“ami” pour quelqu’un que nous n’avons jamais rencontré... Tout cela pour pouvoir le compter dans vos contacts sur les réseaux.

En 2015, une étude fondatrice sur ce sujet est sortie. Jean Twenge est une professeur en psychologie à l’université de San Diego. Son travail porte sur les différences de santé mentale entre générations sur une période de 25 ans. De nombreux paramètres sont pris en compte, et une partie s’effondre depuis quelques années : fréquence des rencontres entre jeunes, obtention du permis de conduire, rendez-vous amoureux ou relations sexuelles.. Ces courbes baissent grandement. En parallèle, d’autres augmentent : pourcentage d’adolescents dépressifs, se sentant seuls, effectuant des tentatives de suicide..

Jean Twenge met cela sur le dos des réseaux sociaux, et sa réflexion est pertinente. Tout le monde passe plus de temps sur les réseaux, les plus jeunes se renferment sur eux-mêmes et n’ont de cesse de se comparer à ceux qu’ils y voient. Mais ce qu’ils ne gardent pas en tête est que les personnalités influentes sur les réseaux se mettent en scène! Il y a une volonté de se rapprocher d’eux, mais la vie de chacun n’est pas une mise en scène. Donc ils rentrent dans ce mécanisme de mise en scène de leur propre vie afin de renvoyer la meilleure image possible. Le désir est permanent quant au fait de savoir ce que font ces personnalités des réseaux, ou même ce que les autres y font, afin de pouvoir soi-même gagner en popularité. Ceci est tellement intense que certains chercheurs parlement même de “nomophobia” pour “no mobile phobia”, pour le fait que certains ne se séparent pas de leur téléphone la nuit.

La “nomophobia” touche de plus en plus de gens à travers le monde.

Dans ce monde contemporain ou le numérique a une place importante, il y a ce besoin de reconnaissance. On laisse des posts en espérant obtenir des likes, des repartages... Tout est différent chaque jour. Ofir Turel, professeur en systèmes d’information à l’Université de Californie, parle de “récompenses variables” : “C’est comme si on plaçait des gourmandises différentes chaque jour dans votre frigo : vous auriez beaucoup de mal à résister à l’envie de l’ouvrir”.

Dans de nombreux pays, la consommation d’alcool et de drogues est en baisse chez les jeunes. Ce sont des pays au sein desquels on observe le plus d’addictions aux réseaux sociaux. Est-ce une sorte de transfert? Des chercheurs l’envisagent. Même si elle serait alors numérique et non plus chimique, la nouvelle drogue à la mode peut-elle paraître saine de prime abord et résider dans les réseaux sociaux?

Comme pour la majeure partie des maladies et/ou des addictions, il est possible de se prémunir de cette addiction. Les parents, mais aussi les autres adultes proches des plus jeunes, doivent apprendre aux enfants à avoir une utilisation raisonnable et raisonnée des nouvelles technologies (y compris donc des réseaux sociaux). Pourquoi ne pas mettre l’ordinateur de l’enfant dans un lieu commun de la maison? Et n’oublions pas de leur rappeler l’intérêt d’autres loisirs culturels ou autres activités physiques qui ne dépendent pas d’un ordinateur. Il faut également apprendre aux plus jeunes la protection de la vie privée. Ils n’ont pas forcément conscience de ce qui peut être raisonnablement mis sur le Net ou non. Attention notamment aux photographies. Chez les adultes, la réflexion a fait son chemin, en témoigne le nombre de jeunes parents qui ne font plus apparaître le visage de leur enfant sur des clichés sur les réseaux sociaux.

Il faut apprendre aux plus jeunes à utiliser le numérique de façon raisonnée et raisonnable.

Comme tout nouveau phénomène de société, les réseaux sociaux ont amené leur lots d’inconvénients. C’est ce que nous avons vu ici avec l’addiction, que nous n’avons pas hésité à définir comme n’importe quelle autre et pas spécialement centrée sur la question du numérique. Faites attention, ayez conscience des dangers et des risques d’addiction sur les réseaux, et tâchez de vous en prémunir. Mais surtout, faites un travail de prévention auprès des plus jeunes, c’est extrêmement important...

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